Qin Shi Huang, Premier Empereur de Chine

La seconde aventure de Lara prend pour cadre le règne du premier empereur de Chine. Un personnage historique que le synopsis du jeu nous présente comme un tyran sanguinaire disposant d’un pouvoir surnaturel. S’il n’avait rien de magique, Qin Shi Huang Di n’en reste pas moins un dirigeant hors du commun. De son accession au trône jusqu’à son règne, il a considérablement marqué la Chine par ses réformes, mais c’est aussi un souverain qui, encore aujourd’hui, est toujours considéré comme un symbole de cruauté et de despotisme.


• L’Empereur Dragon

Selon la légende, c’est en plantant la dague de Xian en plein milieu de son cœur que l’on obtient le pouvoir du Dragon.

Dans la Chine ancestrale, l’Empereur détenait ce pouvoir. Il possédait également une gigantesque armée qui faisait de lui l’un des hommes les plus puissants du monde. Ce cruel Empereur entreprit d’unifier la Chine par la force. Mais après une série de violents combats, il se heurta à un peuple qui refusa de se plier à son joug. Il s’agissait des moines guerriers du Tibet. Ceux-ci connaissaient l’existence de la dague de Xian et ils parvinrent à l’arracher du cœur du tyran mégalomaniaque. L’Empereur et ses hommes furent anéantis par les moines guerriers, et ceux-ci replacèrent la dague magique dans son tombeau, au milieu de la grande muraille de Chine.Livret introductif de TR2

Ainsi nous est présenté le scénario de Tomb Raider 2 dans le livret du jeu. S’il prend soin de ne pas nommer l’empereur en question, ni même de contextualiser l’histoire, ce texte comporte 3 éléments qui ne laissent guère de doute quant à l’identité du personnage historique qui a servi de base à l’imagination des scénaristes :

  • Un empereur conquérant, unifiant la Chine par la force
  • La mention de Xian
  • La grande muraille de Chine

Nicobass quant à lui dans son remake de TR2, Dagger of Xian, n’hésite pas et situe précisément l’histoire de la dague à l’époque du règne de Qin Shi Huang :

Comment l’empereur Qin est-il entré en possession de la dague, le scénario original ne le dit pas et le joueur n’en apprendra pas plus au cours du jeu. Tout juste sait-on que la dague repose dans un temple caché dans les profondeurs des fondations de la grande muraille de Chine. Était-elle présente avant la construction de la muraille et découverte lors de sa construction ou cachée là à cette occasion ? Là encore, Nicobass offre un début de réponse. Pour lui, la dague était présente bien avant et Qin Shi Huang était venu la chercher dans son sanctuaire sous la muraille, à Xian :

Le scénario de Nicobass a l’avantage d’être bien plus travaillé que l’original et fournit déjà pas mal de détails dès le premier niveau. Espérons que la potentielle suite de Dagger of Xian nous en apprenne encore plus ! Pour le moment, concentrons-nous sur le règne du véritable Qin Shi Huang, premier empereur de Chine !


• L’accession au trône du royaume de Qin

Du Vè au IIIè siècle av. JC, la Chine vit une période connue comme celle des Royaumes Combattants. La dynastie régnante d’alors, celle des Zhou, n’a plus qu’un pouvoir de façade et la Chine est partagée en une multitude de royaumes féodaux dont les 7 principaux, Chu, Han, Qi, Qin, Wei, Yan et Zhao tentent, au gré d’alliances et de batailles, de conquérir le pouvoir. A ce jeu de conquêtes s’ajoutent des intrigues politiques internes, chaque souverain ayant une épouse principale ainsi que des concubines : tout le monde cherche à placer ses enfants en bonne place pour la succession à coups de meurtres, trahisons et exils pour évincer ses rivaux.

Le futur empereur naît vers -259 à Handan, capitale du royaume de Zhao, sous le nom de Zheng. Il est le fils du prince Yi Ren, lui-même petit-fils secondaire (issu d’une concubine) du roi Zhaoxiang de Qin, alors otage du royaume de Zhao. Sa mère Zhaoji, originaire de Zhao est issue d’une famille noble et a épousé en première noce un riche marchand, Lü Buwei, qui deviendra le protecteur de Yi Ren en lui « cédant » Zhaoji. Lorsque le père de Yi Ren est désigné héritier principal du royaume de Qin en -267, il n’a pas d’enfant de son épouse principale (pour rappel, Yi Ren est né d’une épouse secondaire). Lü Buwei fait alors jouer ses relations et son influence pour faire reconnaître Yi Ren comme héritier principal de son père, faisant ainsi de Zheng le futur héritier du royaume de Qin.

Malgré cette ascendance, la situation de Zheng et sa famille sont des plus précaires. 1 an avant sa naissance, la bataille de Changping a vu les armées de Qin écraser celles de Zhao pour finalement assiéger Handan. Lü Buwei va alors dépenser une fortune afin de permettre à Yi Ren de fuir et de rejoindre les armées de Qin. Mais Zheng reste prisonnier avec sa mère pendant encore 6 ans. Pendant cette période, le royaume de Qin est progressivement remonté en puissance face aux autres royaumes. Il jouit d’une situation géographique idéale, le plus à l’ouest du pays, protégé par des montagnes au nord et des fleuves à l’est. Il dispose d’une vaste plaine où il a développé une agriculture presque intensive, répondant à une population toujours plus croissante et fournissant une armée imposante. Il a de plus entamé des réformes administratives issues du légisme, une pensée prônant l’absolutisme et la concentration des pouvoirs à une époque où, rappelons-le, la Chine était une société féodale et donc décentralisée, morcelant le pouvoir de la dynastie Zhou au profit des seigneurs féodaux. De fait, après la bataille de Changping, le Qin était devenu la première puissance militaire des 7 Royaumes.

Le roi Zhaoxiang de Qin meurt en -251. Son fils, le père de Yi Ren lui succède mais meurt quelque temps après dans des circonstances inconnues. Yi Ren monte alors sur le trône de Qin et contraint le royaume de Zhao à laisser partir Zhaoji et le jeune Zheng, restés otages à Handan. Yi Ren devient le roi Zhuangxiang et Zheng est rebaptisé Ying Zheng. Quant à Lü Buwei, il devient chancelier du roi… qui meurt à son tour au bout de 3 ans. C’est donc suite à cette série de décès (tous suspects) que Ying Zheng devient roi de Qin en -247, à l’âge de 13 ans.

Mais il est vite écarté du pouvoir au profit de sa mère, la reine Zhaoji et du chancelier Lü Buwei devenu également tuteur du roi, qui assurent tous les 2 la régence. Pendant 10 ans, ils vont continuer de faire prospérer le royaume de Qin et surtout d’organiser son armée, qui annexera tour à tour plusieurs provinces mineures voisines. Le royaume attire un nombre important d’artistes et d’intellectuels qui perfectionnent l’éducation du jeune roi et viendront créer un ouvrage littéraire majeur, les Annales des Printemps et des Automnes de Lü, sorte d’encyclopédie recensant toutes les connaissances de l’époque. En -228, sa mère décède et, désormais seul à gouverner, Ying Zheng entreprit sa guerre d’unification.


• Un souverain unificateur et réformateur

C’est à partir de là que Ying Zheng commence à rompre avec la tradition. Jusque là, les territoires conquis étaient constitués en seigneuries féodales, qui étaient autant de sources de révoltes potentielles face au pouvoir grandissant du Qin. Le roi, suivant l’enseignement légiste de Li Si, son ancien précepteur devenu son ministre, ordonne désormais la constitution de chaque territoire conquis en commanderie, dirigée non pas par une famille noble, mais par des fonctionnaires. Il nomme Wei Liao commandant de ses armées, un homme qui décrira lui-même le roi comme suit :

« Le roi de Qin est un homme au nez proéminent, aux yeux larges, à la poitrine d’oiseau de proie ; il a la voix du chacal ; il est peu bienfaisant et a le cœur d’un tigre ou d’un loup. Tant qu’il se trouve embarrassé, il lui est facile de se soumettre aux hommes ; quand il aura atteint son but, il lui sera également aisé de dévorer les hommes. » Sima Qian - Shiji chap. VI

Ying Zheng usera autant de la force que de la ruse en soudoyant bon nombre de conseillers et ministres des royaumes ennemis, et ne regardait pas à l’énergie nécessaire. Toute l’économie de Qin vise à enrichir le royaume et l’armée qui comptera, au plus fort de la guerre, jusqu’à 1 million d’hommes mobilisables. Les armes sont produites en quantité industrielle et de très bonne facture, comme en témoignent celles retrouvées auprès des célèbres soldats en terre cuite, dont certaines lames étaient enduites de chrome. Des canaux de navigation permettent de ravitailler et redéployer toujours plus vite ses armées.

Il commence par attaquer le Han qui tombe en -230 puis le royaume de Zhou 2 ans plus tard (avec ses armées décimées 30 ans plus tôt à Changping, le royaume était devenu une proie facile). Il prétexte une tentative d’assassinat par le prince du royaume de Yan pour envoyer son général attaquer et prendre sa capitale en -226 et continue sur sa lancée en attaquant le Wei qui se rend l’année suivante, après que le roi eût ordonné qu’on détourne le cours du Fleuve Jaune pour inonder la capitale. En -225, le roi de Qin s’en prend ensuite au royaume de Chu, presque aussi grand que lui, avec 200 000 hommes mais il échoue après une résistance farouche du royaume de l’est. Il revient 2 ans plus tard avec 600 000 soldats et Chu rend les armes en -223. Les derniers membres des dynasties Yan et Zhao qui s’étaient réfugiés dans des poches de résistances sont éliminés en -222 et Qi, le dernier royaume se rend en -221.

Qin est désormais le maître de toute la Chine. Dès lors, Ying Zheng se proclama « Shi Huangdi », littéralement « Premier Souverain Suprême », en référence aux Augustes et aux Empereurs, les souverains mythiques à l’origine de la civilisation chinoise. Xianyang devint sa capitale.

L’empire Qin après l’unification et les conquêtes du règne de Shi Huangdi, vers 210 av. J.-C.

L’empire étant désormais très vaste, il lui faut une administration des plus forte pour relayer son autorité et faire appliquer ses décisions. Chaque région conquise est divisée en plusieurs préfectures, chacune gouvernée de manière non héréditaire par un gouverneur. La doctrine légiste était strictement appliquée : le pouvoir extrêmement centralisé, la politique autoritaire et la loi sévère. Le mérite des gouverneurs et fonctionnaires, qui conditionnait l’avancée de leur carrière au bon vouloir du souverain, dépendait de leurs résultats et de leur stricte obéissance aux lois du code Qin. Mais l’empire était si vaste : il couvrait un territoire habité par de nombreuses ethnies, avec chacune leurs langues, leurs écritures, leurs unités de mesure, leurs monnaies. Après avoir unifié les territoires, Qin Shi Huang devait également unifier les peuples.

« Ayant fixé le titre impérial, Shi Huangdi détermina l’Emblème et le Nombre significatifs de la dynastie qu’il fondait. Il choisit Six comme Nombre-étalon, et régna en vertu de l’élément Eau. Ainsi fut déterminée la couleur (le noir correspond à l’eau et au nombre 6) des vêtements et des drapeaux. Les chapeaux officiels eurent six pouces, de même que les tablettes des contrats. Six pieds firent un pas. Un attelage eut six chevaux. L’Eau, le Noir, le Nord correspondant à un principe de sévérité, la politique du gouvernement se trouvait orientée : tout devait se décider conformément à la Loi et à la Justice, et non conformément à la Bonté et à la Bienfaisance. Le gouvernement s’accordait ainsi avec la Vertu élémentaire chargée de présider aux temps nouveaux. Le Temps et le Calendrier furent renouvelés. » Marcel Granet - La Civilisation Chinoise

L’empereur fit bâtir un immense réseau routier dont sa capitale, Xianyang était le point de départ. Les routes étaient surélevées pour se protéger des inondations, et comportaient 3 voies (celle du milieu lui étant réservée) et elles passaient par toutes les provinces de l’Empire. Le système d’écriture, de poids et mesures ainsi que la monnaie furent unifiés afin de favoriser le commerce entre les anciens royaumes, dont toutes les richesses venaient s’accumuler à Xianyang. Il fit déplacer des centaines de milliers de familles pour venir agrandir et embellir la capitale, peut-être une des plus grandes villes du monde à cette époque.

Pièces de type banliang de la dynastie Qin, musée d’Histoire du Shaanxi.
Poids de la dynastie Qin sur lequel est inscrit un édit de standardisation des poids.
Musée du roi de Nanyue  ©Deadkid dk

Symbole de la paix retrouvée, l’empereur ordonna de rassembler et de fondre l’ensemble des armes de l’empire, et en fit douze statues géantes, ainsi que des cloches de bronze, placées dans la capitale. Les soldats devant par nécessité conserver leur armement, cette mesure concerna vraisemblablement les armées privées des anciennes maisons aristocratiques. Car au-delà des frontières, les ennemis restaient nombreux à commencer par les nomades du nord contre qui les anciens royaumes de Yan, Zhao, et le Qin lui-même avaient pris l’habitude d’ériger des murs de terre pour matérialiser leurs frontières et se prévenir des incursions. L’empereur reprendra cette pratique mais à une échelle encore jamais vue en les reliant entre elle sur des milliers de kilomètres. Un projet titanesque qui dépassa de loin le seul règne de Qin Shi Huang et que nous aborderons d’ailleurs dans un prochain article. Concernant ses conquêtes militaires, l’empereur Qin étendit les frontières de la Chine notamment au Nord en -215 où il envoya des dizaines de milliers d’hommes pacifier la Mongolie Intérieure, puis au sud en -214 chez les Yue, plus loin que n’étaient jamais allés les Chinois de l’époque.

Avec un empire aussi vaste et un pouvoir aussi fort, l’empereur ne pouvait se contenter de gouverner sans bouger depuis son palais de Xianyang. Il organisa alors des tournées d’inspection pour vérifier l’avancée des divers travaux lancés dans les provinces, comme la Grande Muraille, ou s’assurer que ses lois étaient correctement appliquées. Il en fit 5, visitant à chaque fois une partie différente de l’empire, la première en -220 et la dernière en -210. C’est d’ailleurs au cours de cette dernière tournée qu’il trouvera la mort, plongeant ses conseillers dans le désarroi le plus total. Un autre article sera nécessaire pour aborder cette période, ainsi que son légendaire tombeau, dont le tumulus est a priori toujours inviolé aujourd’hui.


• Un despote cruel et mégalomaniaque

Malgré les succès militaires et les réformes, le règne de Ying Zheng n’échappe pas aux complots et aux révoltes, ni aux scandales. En -239, le frère du roi est envoyé en campagne contre le royaume de Zhao, mais il se rebelle avec son armée. Le roi le fera décapiter, lui et tous ses officiers. Il prend officiellement le pouvoir l’année suivante, en -238, mais n’est pas au bout de ses peines. La reine s’était en effet entichée d’un jeune courtisan qu’elle faisait passer pour un eunuque et à qui elle avait donné 2 enfants. L’homme en question avait peu à peu pris de l’influence au sein de la cour jusqu’à se faire anoblir, et c’est Lü Buwei qui avait pris soin de masquer les frasques de la reine pour éviter que le scandale n’éclate. Le roi Ying Zheng, après enquête, découvrit les faits et fit exécuter le faux eunuque ainsi que tous ses partisans et ses 2 enfants illégitimes. Il exila Lü Buwei qui préféra finalement se donner la mort en -235 et mit sa mère à l’isolement où elle mourut en -228.

Comme mentionné plus haut, l’empereur Qin avait organisé tout son empire selon les préceptes du légisme, instaurant un pouvoir non seulement fort mais également impitoyable, et son règne marque encore aujourd’hui l’histoire de Chine par son despotisme. Pour les légistes, le pouvoir vient de la force et non de la « puissance morale » défendue par les confucéens qui supposent que le souverain doit être bon pour être respecté. Les légistes considèrent à l’inverse que le pouvoir ne doit pas être lié à la valeur personnelle du souverain mais à l’efficacité de la loi et des institutions chargées de la faire respecter. La position de force étant neutre, elle ne requiert aucune qualité morale particulière pour être manipulée par le souverain. 

 

Qin Shi Huang portant la coiffe impériale mianliu qu’il aurait inventée.

Dès lors, il s’agit de contrôler, surveiller et sanctionner à outrance pour assurer la cohésion du système. Les institutions étatiques sont chargées de faire en sorte que la loi soit intériorisée par les individus à un point tel que le châtiment lui-même deviendrait inutile tant la terreur qu’elle inspire serait grande. L’administration s’appuie également sur le principe de la responsabilité collective selon lequel la communauté encourt une sanction collective même si la faute est commise par un seul individu, accentuant ainsi la surveillance et la dénonciation entre individus. C’est sur ces préceptes que l’empereur opéra par exemple une purge dans son administration en -213 : les fonctionnaires corrompus furent envoyés dans le nord, notamment sur le chantier de construction de la Grande Muraille. Le Shiji relate aussi un épisode où, furieux que des émissaires ne reviennent pas d’une de ses quêtes sur l’immortalité, Qin Shi Huang fit arrêter 460 spécialistes et lettrés qui furent exécutés à Xianyang. D’autres furent exilés aux frontières du pays. Le fils aîné de l’empereur, Fu Su aurait été, lui aussi, exilé pour avoir critiqué cette mesure.

Avec une telle chape de plomb imposée à la société, aucune opposition ne pouvait être tolérée à commencer par les penseurs confucéens qui n’eurent plus droit de cité dans l’empire. Malgré cela, nombre de lettrés à la cour de l’empereur possédaient toujours des ouvrages ou étaient encore attachés à certains valeurs dites du passé. Le ministre Li Si ordonna la destruction de tous les ouvrages de l’empire, à l’exception de l’Histoire de Qin, des manuels de médecine, d’agriculture et de divination. Tous les lettrés pris en possession d’un classique confucéen, risquaient jusqu’à la mort et des perquisitions de masse eurent lieu pour « purger » la Chine de toute corruption du passé. Après sa mort, la haine qu’il avait suscité était telle, et sa tentative d’effacer l’histoire avant lui si impardonnable aux yeux des Han qui lui succédèrent, que plus personne n’osa se réclamer du légisme. Sa capitale et tout ce qu’elle contenait fut pillée et incendiée pour tenter de faire disparaître le souvenir de son règne.

Tentative d’assassinat de Qin Shi Huang (à gauche) par Jing Ke (à droite). Le coffret contenant la tête est au centre. Peinture murale d’une tombe de la dynastie Han.

Cette haine, Ying Zheng l’a aussi vécue de son vivant ce qui le rendit excessivement méfiant, à juste titre. En -227, un prince héréditaire de la province de Yan commandita son assassinat : il envoya un lettré nommé Jing Ke, apporter au roi la tête d’un général rebelle en guise de présent. Tandis que le roi ouvrait le coffret, Jing Ke sortit un poignard empoisonné et tenta de le tuer. Le souverain était si méfiant à l’égard de ses propres conseillers qu’il interdisait à sa cour de porter des armes, aussi n’y eut-il qu’un médeçin pour se jeter sur l’assaillant tandis que Ying Zheng, caché derrière un pilier, tentait de sortir sa trop longue épée, coincée dans les plis de sa robe. Il parvint finalement à tuer l’aggresseur avant de voir arriver les renforts de sa garde. Il échappa à d’autres tentatives dont au moins 2 nous ont été relatées dans le Shiji : en -219 par un musicien armé d’une harpe remplie de plomb, et en -218 au cours d’un voyage où il tomba dans une embuscade. Marqué par ces événements, il consacra beaucoup de temps et d’argent à la recherche d’une potion qui le rendrait immortel. La fin de son règne est alors guidée par la paranoïa, la superstitions et des prédictions diverses, un autre aspect de sa personnalité qui conduiront tout droit à la construction de son incroyable tombeau…


© Dossier rédigé par Mahé Koadfall